Pratiquer au printemps

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Une nouvelle saison se prépare silencieusement. Le calendrier civil nous dit que le printemps c’est le 21 mars, mais le printemps météorologique arrive dès le 1er mars. Pour les catholiques, c’est le temps du Carême, 40 jours de début mars à mi-avril pour 2017, avec au milieu (donc vers le 20 mars) la Mi-Carême qui permettait de faire une pause. Autrefois, on finissait probablement les réserves en attendant les premières récoltes de légumes nouveaux.

En Inde du Sud, dans le Tamil Nadu, le nouvel an tamoul célèbre vers le 15 avril le début de la création du monde.

L’ayurveda nous dit que Kapha domine encore alors que Vata se renforce progressivement. L’influence de l’hiver finissant a pu aboutir à un excès de déchets non éliminés. Les idées ont peut être stagné de la même façon et on peut se trouver d’humeur plutôt tamasique. Il va falloir mobiliser tout cela pour être prêt pour le démarrage printanier !

Adapter sa pratique au renouveau. Forts de ces repères,  on sélectionnera des postures qui mobilisent le système digestif afin de le détoxifier. Les torsions sont excellentes pour cela. On se tonifiera d’abord en choisissant des  asanas qui élancent la colonne vertébrale vers le ciel.

On s’inspirera du restorative yoga en utilisant des supports pour faciliter la détente qui assainira le mental, en tenant les postures longtemps (de 5 à  20 minutes selon ses capacités), en se concentrant sur le ralentissement du souffle. Car prolonger l’expiration prolonge l’élimination des déchets transportés par le souffle, déchets physiques auxquels on peut rajouter les déchets mentaux.  On respirera en ujjayi, qui ralentit, réchauffe et apaise, on concentrera son regard par le troisième œil pour la concentration. Du temps et de la lenteur pour savourer la purification qui s’opère. Mais aussi de la tonicité pour sortir de la torpeur hivernale : c’est le moment de réfléchir à l’équilibre stira – sukkha, entre la douceur et l’effort, l’exigence envers  soi-même.

La posture reine pour cette saison pourrait donc être la torsion assise (que l’on pratiquera selon son expérience en ardha matsyendra ou bien marichiasana, avec toutes les variantes possible). On se préparera par des extensions, sur le ventre (sphinx, chameau ou arc) puis en assise (le bâton permet de bien sentir la colonne dressée vers le ciel). Le ventre se relâche pour mieux tourner, la colonne tient fermement l’élan de la posture. Si l’on manque de tonicité dans le dos et que l’on n’arrive pas à l’empêcher de s’arrondir, les torsions au sol iront très bien. On peut également atténuer la puissance de la torsion en utilisant des supports et des aides comme le propose Yoga journal dans la page suivante (en anglais malheureusement mais les photos sont explicites).

Se mettre au diapason du printemps. On va redonner de l’ampleur au souffle,  ce qui allège et redonne de l’ampleur à l’esprit.

Cette pratique, conjuguant physique,  souffle et mental, fermeté et abandon,  élargit notre capacité d’accueil du nouveau, nous sommes prêts pour accueillir le printemps et ses énergies, les mettre à profit pour travailler à préparer de nouvelles récoltes.

Les torsions

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Postures dans lesquelles on vrille la colonne sur elle-même, à partir d’un point fixe (épaules ou bassin).  Intenses, les torsions demandent concentration et précision afin de bien respecter les possibilités de la colonne : ne pas brusquer les cervicales en tournant trop la tête, ne pas forcer les lombaires qui sont solidement reliées entre elles.

Les avantages des torsions : étirement des muscles latéraux du buste, ouverture de la cage thoracique et donc amélioration de la respiration. Auto-massage des viscères de la cavité abdominale par l’alternance compression puis détente : notamment estomac, foie, reins, colon. Étirement des muscles intervertébraux, réduction des tensions, rééquilibrage. Effet mécanique d’ « essorage » du fait de mobilisation des fluides dans les vaisseaux entourant la colonne (sang, lymphe), et drainage des substances accumulées dans l’immobilité de notre vie sédentaire. Une torsion sollicite particulièrement manipura chakra (situé sur la face arrière de la zone ventrale depuis le bas de la cage thoracique jusqu’au dessous du nombril). On placera donc la conscience dans cet espace qui sera le centre de gravité de la torsion.

Comment faire ?

Pour respecter le sens de circulation des fluides dans le colon, on  comprime d’abord le côté droit (le contenu du colon ascendant part vers le colon descendant) en tournant vers la droite, puis le côté gauche (le contenu du colon descendant part vers le rectum).

C’est le relâchement du côté comprimé pendant l’expir qui permet de pivoter un peu plus, il est inutile de forcer.

Dans les torsions au sol où le poids des jambes entraîne la torsion, on risque de se laisser partir un peu trop loin, or il faut préserver les vertèbres lombaires et l’articulation coxo-fémorale. Pour cela, on décalera son bassin du côté opposé au sens de la torsion :  pour préparer la torsion vers la droite, on soulève le bassin sur inspir et on va le poser au sol sur la gauche  sur expir, puis on réalise la torsion choisie sur l’expiration suivante. Quand on revient, on recentre le bassin, et on le décale à droite pour faire l’autre côté. L’axe de la colonne dans sa partie lombaire sera préservé, les tensions inutiles seront amoindries.

Dans les torsions en assise ou debout, on veille au maintien de tonicité de la colonne : on se grandit (on fait monter l’inspiration le long de la colonne), on s’engage dans la torsion sur IN. C’est la colonne qui maintient la posture, le buste pivote autour de cet axe.

Et après ? Il faut une contre pose avant de se remettre en mouvement. Si la torsion est tonique, un chat suffit, l’alternance des côtés a conservé les vertèbres dans l’alignement. Si la torsion est passive, on a bien étiré les espaces intervertébraux, un bâton en tension remobilisera  la tonicité de la colonne avant de se remettre debout.

Compte tenu de la puissance des torsion, on les pratique en fin de séance, une fois que le corps est assoupli, étiré, préparé. C’est une bonne conclusion pour le dos et les viscères : remis en place et purifiés !

Quelques postures dans un ordre croissant de puissance de torsion : torsion debout, marichiasana, ardha matsyendra (une jambe dépliée), torsion en fente, nidrasana, torsion de la grenouille, torsions au sol (dont les séries des torsions des crocodiles), matsyendra (complète = les deux jambes repliées & croisées).

Pour aller plus loin dans l’exploration raisonnée des torsions, consulter l’ouvrage de Clara Truchot Yoga, mouvements spécifiques pour la santé et la souplesse de la colonne vertébrale.

Démarrer une pratique personnelle du yoga

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Le temps paraît long entre deux cours hebdomadaires. Ou bien il y a comme un vide pendant les vacances scolaires, quand la plupart des cours s’arrêtent. Serait-on prêt à s’y mettre tout seul chez soi ?

Un jour on déroule son tapis dans sa chambre et on s’y installe … mais que faire ? on improvise et ça ne donne pas trop envie de recommencer. Alors qu’il suffit d’un minimum de préparation pour s’assurer  de belles expériences.  Continuer la lecture de Démarrer une pratique personnelle du yoga

La pratique du yoga à la portée de tous